Un an à Kyoto - Ichi nen Kyôto de | |
L'écriture du japonais
12:27, 11/03/2007
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Voici un article pour exposer brièvement certains aspects de
l'écriture du japonais (il sera impossible d'être exhaustif, donc
pardonnez-moi s'il y a des oublis). En effet, de par sa nature,
l'écriture japonaise possède des propriétés ou aspects qui n'existent
pas dans nos langues occidentales avec leurs alphabets particuliers.Pour commencer, il faut savoir que le japonais s'écrit avec trois types de caractères : les hiraganas, les katakanas et les kanjis. Les deux premiers termes se réfèrent à des syllabaires, unicaméraux et diacritiques, le dernier à des milliers de caractères importés de Chine il y a plusieurs siècles. Commençons par les hiraganas et katakanas. Ces syllabaires sont faits pour couvrir l'ensemble des sons de la langue japonaise. On peut dire écrire tous les mots de la langue avec ces syllabaires (notez qu'on ne peut pas à proprement parler d'alphabet, car les caractères n'ont pas la même valeur phonétique). C'est pour cela qu'ils font partie de ce que l'on apprend en premier... Tous ces caractères ont été inventés par dérivation de kanjis. Au début, les hiraganas étaient réservés aux femmes (ils étaient auparavant appelés onnade, qui veut dire main de femme), tandis que les hommes employaient les kanjis et katakanas. Aujourd'hui, les hiraganas sont utilisés en équilibre avec les kanjis et les katakanas servent à écrire les mots étrangers. On dit qu'un texte est joli non seulement par le fond mais aussi par la forme lorsque les kanjis et les hiraganas forment un équilibre harmonieux. Voici ces deux syllabaires : A I U E O A I U E O
あ い う え お ア イ ウ エ オ K か き く け こ カ キ ク ケ コ S さ し す せ そ サ シ ス セ ソ T た ち つ て と タ チ ツ テ ト N な に ぬ ね の ナ ニ ヌ ネ ノ H は ひ ふ へ ほ ハ ヒ フ ヘ ホ M ま み む め も マ ミ ム メ モ Y や ゆ よ ヤ ユ ヨ R ら り る れ ろ ラ リ ル レ ロ W わ を ワ ヲ ん ン Pour savoir comment prononcer ces caractères, prenez la consonne (ou le Y) à gauche, et ajoutez la voyelle au dessus après. Par exemple, な et ナ se prononcent "na", て et テ se prononcent "te", et ainsi de suite. Le 'a', le 'i' et le 'o' se prononcent comme en français, le 'e' se prononce 'é' et le 'u' se prononce quelque part entre le 'ou', le 'u', et le 'eu', et est souvent chuinté. Le 'H' est prononcé, en expirant de l'air comme en anglais. Le 'R' est entre les 'r' et 'l' français. Le dernier caractère en bas est 'n', il est en quelque sorte une nasalisation. Certains caractères ont une prononciation spéciale : on ne dit pas "si" mais "shi", "ti" devient "tchi", "tu" se dit "tsu", "hu" devient "fu", et "wo" se prononce "o", L'écriture en rômaji (alphabet latin) suit cette règle : consonne + voyelle. D'autres sons sont disponibles en rajoutant les diacritiques " et ° au dessus et à droite de certains caractères. Les règles sont les suivantes : K + " = G H + " = B
S + " = Z H + ° = P T + " = D Donc par exemple, が et ガ se prononcent "ga", ぴ et ピ se disent "pi", et ど et ド sont "do". Encore d'autres sons peuvent être trouvés en utilisant des versions miniatures de や, ゆ, よ et つ. Un petit "tsu" double la consonne qui le suit. Par exemple, pour écrire la version japonaise du mot anglais "happy", on utilisera ces caractères : ハッピ. Le "p" reste en suspens pendant un petit moment. Les petits "ya", "yu" et "yo" servent à écrire des syllabes comme "sha", "byo", "chu", des diphtongues. Ces trois-là s'écrivent par exemple しゃ, びょ et ちゅ. Pour prolonger une voyelle (ce qui se fait souvent et est important pour distinguer certains mots), on ajoute une deuxième voyelle pour les hiraganas (sauf pour le "o", auquel on ajoute un "u"), et un trait horizontal pour les katakanas. Exemples : une voiture : "kuruma" : くるま une seconde : "byô" ou "byou" : びょう merci : "arigatô" ou "arigatou" : ありがとう bonjour : "konnichiwa" : こんにちは (petite exception : le は est écrit "wa" en rômaji) bonne nuit : "oyasuminasai" : おやすみなさい bonjour (le matin) : "ohayôgozaimasu" ou "ohayougozaimasu" : おはようございます bienvenue (dit par le personnel d'un magasin) : "irasshaimase" : いらっしゃいませ Un dernier détail : chaque caractère se prononce avec la même durée. Ca donne un rythme assez monotone, mais assez facile à prendre. Avec ce principe, prononcer によ soit "niyo" prendra deux fois plus de temps que にょ, "nyo". Maintenant, vous pouvez lire mon nom en japonais : キイニョン ケビン, et mon pseudo きらん. Les sons étrangers doivent s'adapter aux sonorités assez limitées du japonais. Le "V" par exemple manque... Remarquez par quoi on le remplace. Maintenant, les kanjis. Vraiment la partie la plus compliquée de l'écriture. Il en existe 2000 basiques, que tout étudiant doit connaître à la fin du lycée (et qui sont nécessaires pour lire le journal...), plus d'autres spécifiques à certains domaines. Mais puisque l'on peut tout écrire avec les syllabaires, pourquoi les kanjis existent-ils, me direz-vous (ou pas). Les kanjis ne représentent pas que des sons, ils ont aussi une signification. Chaque kanji possède une ou plusieurs prononciations (le plus souvent 2 ou 3) et un sens. C'est en cela qu'ils sont intéressants, et ce sont surtout les kanjis qui possèdent des caractéristiques étranges pour nous. Ils sont en plus plus rapides à lire, car leur forme certes compliquée est surtout unique pour chaque kanji, et elle évoque immédiatement un son ou une signification. De là viennent plusieurs phénomènes intéressants. Puisque les kanjis sont tous différents et doivent être appris sur une longue période de temps et surtout qu'on ne peut pas tous les connaître à moins d'être un expert, il arrive de tomber sur des mots que l'on ne peut pas lire. Cela nous paraît bizarre à nous qui sommes habitués à pouvoir lire tous les mots grâce à notre alphabet. Il m'arrive même de tomber sur des mots que je ne peux pas lire ou dire, mais dont je connais le sens. A y réfléchir, c'est assez bizarre. Il y a aussi des mots que l'on peut lire et dire, mais pas écrire en kanjis. Et cela arrive à tous les Japonais. Par exemple, quand on apprend le japonais, on a souvent plus de kanjis que l'on sait lire que de kanjis que l'on sait écrire. Perso, à ce stade, je dois savoir en lire 450 mais écrire 350... C'est surtout ici que je voulais en venir avec cet article : en français on peut lire des mots sans en connaitre le sens, en japonais on peut ne pas savoir lire des mots que l'on connaît. C'est ce genre de différence que je trouve vraiment intéressante, et qui provient directement du système d'écriture. Mais un détour par les bases me paraissait utile et intéressant. Encore une autre chose étrange : la calligraphie. Le style le plus pur et le plus difficile de la calligraphie consiste à écrire une version très simplifiée des kanjis. La beauté des courbes et la simplicité des traits (l'esthéticité si on veut) priment avant tout. Mais puisque tout est simplifié, il est impossible de lire ce qui est écrit. Les seules personnes pouvant lire ce genre d'écriture sont celles qui savent l'écrire... Je trouve cela vraiment étrange, mais passionnant. Poster un commentaire { Page Précédente } { Page 4 à 40 } { Page Suivante } |
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